
Si l'assassinat politique appartient aux beaux-arts, il en est de ses praticiens comme en peinture ou en littérature: il y a ceux qui ont du style et ceux qui n'en ont pas. Dans quelle catégorie ranger Ravaillac, Cadoudal, Fieschi, Orsini ?
A lire Pierre Accoce, on serait enclin à leur reconnaître sinon de bonnes manières, du moins une indéniable capacité à s'élever au-dessus du lot des petits malfrats. Assassin par idéal de Sadi Carnot, l'anarchiste Caserio ne mérite-t-il pas une forme de respect ?
Si le meurtre d'Alexandre de Yougoslavie relève du plus pur gangstérisme, que penser de celui de Paul Doumer en 1932 ? Le geste de Gorguloff reste incompréhensible. Comme il existe des crimes parfaits dont on ne retrouve pas l'auteur, il existe des criminels parfaits dont on ne s'explique pas les motivations.